Concernant la version Ostervald, AT (éd. 2008)


Cette page examine les corrections listées de l’édition 2008 en les comparant à l’édition 1996 (non mentionnée dans les renvois de 2008) et 1886 (figurant dans ces mêmes renvois). 
Ces trois versions sont évaluées par rapport au texte massorétique (basé sur le Westminster-Leningrad codex).
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RENVOIS DE L’ANCIEN TESTAMENT 
En raison des restrictions de mise en page il n’est pas possible d’aligner correctement le texte hébreu. 

Genèse 3:24, Édition de 1886: «lame d’épée flamboyante».
1996: Il chassa donc l'homme; et il plaça à l'orient du jardin d'Éden les chérubins et la lame d'épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie.
2008: Ainsi il chassa l’homme, et mit des chérubins vers l’orient du jardin d’Éden, avec une lame d’épée qui se tournait çà et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie.
וַיְגָ֖רֶשׁ אֶת־הָֽאָדָ֑ם וַיַּשְׁכֵּן֩ מִקֶּ֨דֶם לְגַן־עֵ֜דֶן אֶת־הַכְּרֻבִ֗ים וְאֵ֨ת לַ֤הַט הַחֶ֙רֶב֙ הַמִּתְהַפֶּ֔כֶת לִשְׁמֹ֕ר אֶת־דֶּ֖רֶךְ עֵ֥ץ
הַֽחַיִּֽים
(8e mot et ss.): /.../ `aet-hakk(e)rubîm we`ét lahaT hahaeraeb hammit(e)happaekaet /.../: /.../ -- les keroubim et la flamme de l’épée celle qui tournoie /.../
Rectification: «Les chérubins et la flamme de l’épée tournoyante» (puisque הַמִּתְהַפֶּכֶת / hammit(e)happaekaet est un participe hitpael). Pas de «ça et là» (ou équivalent) dans le texte. La version 2008, sans restituer complètement ce verset, n’en change cependant pas fondamentalement le sens.
2008 différent 1996 = 1886. 

Genèse 16:12, Édition de 1886: «sera semblable à».
1996: Il sera semblable à un âne sauvage; sa main sera contre tous, et la main de tous contre lui; et il habitera en face de tous ses frères.
2008: Et il sera un homme farouche comme un âne sauvage : sa main sera contre tous, et la main de tous contre lui; et il habitera à la vue de tous ses frères.
וְה֤וּא יִהְיֶה֙ פֶּ֣רֶא אָדָ֔ם יָד֣וֹ בַכֹּ֔ל וְיַ֥ד כֹּ֖ל בּ֑וֹ וְעַל־פְּנֵ֥י כָל־אֶחָ֖יו יִשְׁכֹּֽן
(1er mot et ss.): wehû` yih(e)y/ae/ paerae` `âdâm /.../: Et lui il sera un onagre d’être humain /.../ = Et lui sera un homme sauvage comme un onagre. Le terme d’»onagre» étant peu usité on lui a préféré celui d’»âne sauvage», et pour éviter la répétition on lui a substitué «farouche» (synonyme, au sens figuré) pour la première moitié de l’expression. 
2008 > 1996 = 1886.

Genèse 20:16, Édition de 1886: «ce sera pour toi ... et auprès de tous tu seras justifiée».
1996: Et il dit à Sara: Voici, j'ai donné à ton frère mille pièces d'argent; voici, ce sera pour toi un voile sur les yeux, devant tous ceux qui sont avec toi; et auprès de tous tu seras justifiée.
2008: Et il dit à Sara : Voici, j’ai donné à ton frère mille pièces  d’argent; voici, il est pour toi un voile sur les  yeux, devant tous ceux qui sont avec toi, et auprès de tous : et ainsi elle fut reprise.
וּלְשָׂרָ֣ה אָמַ֗ר הִנֵּ֨ה נָתַ֜תִּי אֶ֤לֶף כֶּ֙סֶף֙ לְאָחִ֔יךְ הִנֵּ֤ה הוּא־לָךְ֙ כְּס֣וּת עֵינַ֔יִם לְכֹ֖ל אֲשֶׁ֣ר אִתָּ֑ךְ וְאֵ֥ת כֹּ֖ל וְנֹכָֽחַת
(9e mot et ss.): /.../ hû`-lâk kesût ``énayim lekol `(a)shaer ìttâk we`ét kol wenokâhat /.../: /.../ cela pour toi un voile de les yeux pour tous ceux qui avec toi et avec tous et honorée /.../ = cela (sera) pour toi un voile sur les yeux pour tous ceux qui (sont) avec toi, et auprès de tous tu (seras) honorée.
Bien que הוּא (hû`, 9e mot) soit premièrement un pronom personnel masculin, ici il sert plutôt à reprendre un élément cité antérieurement (une des fonctions de ce mot), à savoir la somme d’argent donnée par Abimélec en réparation pour sa méprise au sujet de Sara et qui doit dorénavant servir à la «couvrir», à la fois en lavant son honneur (puisqu’en raison du mensonge dicté par Abraham elle avait été prise auprès du roi), mais aussi en prévenant que cette situation se reproduise à nouveau. En effet on ne peut pas complètement exclure qu’en plus de sa crainte d’être tué, Abraham ait aussi été motivé par le gain (cf les biens reçus de Pharaon dans le même cas de figure en Gn 12, 16). De plus l’argent en tant que tel conférait de la respectabilité aux yeux d’autrui (cf fin du v. 16). On ne verrait par contre aucun lien avec cette somme d’argent si on lisait «il /Abraham/ sera pour toi un voile», et ce serait aussi en contradiction avec l’attitude bien peu protectrice qu’il avait adoptée jusqu’alors. Quant au verbe «être» (sous-entendu), sa forme au futur correspond davantage au contexte. Enfin וְנֹכָחַת (wenokâhat, 18e mot) < יכח (yakah) au participe nifal signifie soit «discuter» (au sens absolu), soit «être considéré, déclaré comme sans reproche»: il y a donc eu une confusion avec son sens au hifil (cf infra Gn 21, 25), ce qui est d’autant plus étonnant que ce dernier est complètement hors contexte (par le sens et par la syntaxe).
2008 < 1996 = 1886. °Le chapitre sera réenregistré en temps voulu.

Genèse 21:25, Édition de 1886: «Abraham se plaignit à».
1996: Mais Abraham se plaignit à Abimélec à cause d'un puits d'eau, dont les serviteurs d'Abimélec s'étaient emparés.
2008: Mais Abraham reprit Abimélec à cause d’un puits d’eau, dont les serviteurs d’Abimélec s’étaient emparés.
וְהוֹכִ֥חַ אַבְרָהָ֖ם אֶת־אֲבִימֶ֑לֶךְ עַל־אֹדוֹת֙ בְּאֵ֣ר הַמַּ֔יִם אֲשֶׁ֥ר גָּזְל֖וּ עַבְדֵ֥י אֲבִימֶֽלֶךְ
(1er mot): וְהוֹכִחַ (wehôkiah) < יכח (yakah) au qatal hifil = reprendre (qqn), faire des reproches (à qqn) (aussi: juger, décider; assigner en justice; punir (absolu). 
2008 > 1996 = 1886.

Nombres 28:7, Édition de 1886: «libation de cervoise». Voir Exode 29:38-40
Exode 29:40 1996: Avec un dixième de fine farine, pétri dans le quart d'un hin d'huile vierge, et une libation d'un quart de hin de vin, pour le premier agneau.
Exode 29:40 2008: Avec un dixième de fine farine, pétri dans le quart d’un hin d’huile vierge, et une libation d’un quart de hin de vin, pour le premier agneau.
וְעִשָּׂרֹ֨ן סֹ֜לֶת בָּל֨וּל בְּשֶׁ֤מֶן כָּתִית֙ רֶ֣בַע הַהִ֔ין וְנֵ֕סֶךְ רְבִעִ֥ית הַהִ֖ין יָ֑יִן לַכֶּ֖בֶשׂ הָאֶחָֽד
(8e mot et ss.): /.../ wenéseak rebi``ît hahîn wayin /.../: /.../ et une libation le quart de le hîn du vin /.../ 
Nb 28, 7: «Et sa libation le quart d’un hin».
Vocabulaire modernisé et expression plus précise. 
2008 = 1996 > 1886.

Deutéronome 14:26, Édition de 1886: «cervoise».
Idem.

Juges 15:19, Édition de 1886: «fendit le rocher qui est à Léchi».
1996: Alors Dieu fendit le rocher creux qui est à Léchi et les eaux en sortirent; et Samson but; son esprit se remit, et il reprit courage. C'est pourquoi, ce lieu, qui est à Léchi, a été appelé jusqu'à ce jour: En-Hakkoré (la source de celui qui invoque).
2008: Alors Dieu fendit la machoire creux et les eaux en sortirent; et Samson but; son esprit se remit, et il reprit courage. C’est pourquoi, ce lieu, qui est à Léchi, a été appelé jusqu’à ce jour : En-Hakkoré (la source de celui qui invoque).
וַיִּבְקַ֨ע אֱלֹהִ֜ים אֶת־הַמַּכְתֵּ֣שׁ אֲשֶׁר־בַּלֶּ֗חִי וַיֵּצְא֨וּ מִמֶּ֤נּוּ מַ֙יִם֙ וַיֵּ֔שְׁתְּ וַתָּ֥שָׁב רוּח֖וֹ וַיֶּ֑חִי עַל־כֵּ֣ן ׀ קָרָ֣א שְׁמָ֗הּ
עֵ֤ין הַקּוֹרֵא֙ אֲשֶׁ֣ר בַּלֶּ֔חִי עַ֖ד הַיּ֥וֹם הַזֶּֽה
(1er mot et ss.): wayib(e)qa`` `aelohîm `aet-hammak(e)ttésh `(a)shaer-ballaehî /.../: Et fendit Dieu -- le creux qui (est) à Lèhi /.../
(6e mot): confusion entre בַּלֶּחִי (balleahî) = à Lèhi et לְחִי (lehî) = mâchoire ! De plus, oubli de traduire אֲשֶׁר (`(a)shaer, 5e mot) = qui. Ceci aboutit à une phrase qui n’a aucun sens.
2008 < 1996 > 1886.

2 Samuel 2:23, Édition de 1886: «frappa au ventre».
1996: Mais il ne voulut point se détourner; alors Abner le frappa au ventre avec le bout de derrière de sa lance, tellement que sa lance lui sortit par derrière; et il tomba là et mourut sur place; et tous ceux qui arrivaient au lieu où Asaël était tombé mort, s'arrêtaient.
2008: Mais il ne voulut point se détourner; alors Abner le frappa à la cinquième côte avec le bout de derrière de sa lance, tellement que sa lance lui sortit par derrière; et il tomba là et mourut sur place; et tous ceux qui arrivaient au lieu où Asaël était tombé mort, s’arrêtaient.
וַיְמָאֵ֣ן לָס֗וּר וַיַּכֵּ֣הוּ אַבְנֵר֩ בְּאַחֲרֵ֨י הַחֲנִ֜ית אֶל־הַחֹ֗מֶשׁ וַתֵּצֵ֤א הַֽחֲנִית֙ מֵאַחֲרָ֔יו וַיִּפָּל־שָׁ֖ם וַיָּ֣מָת תחתו וַיְהִ֡י
כָּל־הַבָּ֣א אֶֽל־הַמָּקוֹם֩ אֲשֶׁר־נָ֨פַל שָׁ֧ם עֲשָׂהאֵ֛ל וַיָּמֹ֖ת וַֽיַּעֲמֹֽדוּ
(3e mot et ss.): /.../ wayakkéhû `ab(e)nér be`ah(a)ré hah(a)nît `ael-hahomaesh watétsé` hah(a)nît /.../: /.../ et le frappa Avner avec l’arrière de la lance à le ventre et sortit la lance /.../
(8e mot): הַחֹמֶשׁ (hahomaesh) < הֹמֶשׁ (homaesh) = I. le cinquième; II. ventre. Confusion entre ces 2 sens. Et aussi entre וַתֵּצֵא (watétsé`, 9e mot) < יצא (yatsa’) au yiqtol qal = sortir de (etc.) et צֵלָע (tsélâ``) = côte !
2008 < 1996 = 1886.

2 Samuel 3:27, Édition de 1886: «frappa au ventre».
1996: Abner étant donc revenu à Hébron, Joab le tira à part, en dedans de la porte, comme pour lui parler en secret, et là il le frappa au ventre; et Abner mourut ainsi, à cause du sang d'Asaël, frère de Joab.
2008: Hébron, Joab le tira à part, en dedans de la porte, comme  pour lui parler en secret, et là il le frappa à la cinquième côte; et Abner mourut ainsi, à cause du sang d’Asaël, frère de Joab.
וַיָּ֤שָׁב אַבְנֵר֙ חֶבְר֔וֹן וַיַּטֵּ֤הוּ יוֹאָב֙ אֶל־תּ֣וֹךְ הַשַּׁ֔עַר לְדַבֵּ֥ר אִתּ֖וֹ בַּשֶּׁ֑לִי וַיַּכֵּ֤הוּ שָׁם֙ הַחֹ֔מֶשׁ וַיָּ֕מָת בְּדַ֖ם
 עֲשָׂה־אֵ֥ל אָחִֽיו
(12e mot et ss.): /.../ wayakkéhû shâm hahomaesh /.../: /.../ et il le frappa là le ventre /.../
Idem, et cette fois la confusion ne s’explique même pas, en raison de l’absence d’une partie des mots en question.
2008 < 1996 = 1886.

2 Samuel 4:6, Édition de 1886: «frappèrent au ventre».
1996: Ils entrèrent jusqu'au milieu de la maison, comme pour y prendre du froment, et ils le frappèrent au ventre; puis Récab et Baana, son frère, s'enfuirent.
2008: Ils entrèrent jusqu’au milieu de la maison, comme  pour y prendre du froment, et ils le frappèrent à la cinquième côte; puis Récab et Baana, son frère, s’enfuirent.
 וְ֠הֵנָּה בָּ֜אוּ עַד־תּ֤וֹךְ הַבַּ֙יִת֙ לֹקְחֵ֣י חִטִּ֔ים וַיַּכֻּ֖הוּ אֶל־הַחֹ֑מֶשׁ וְרֵכָ֛ב וּבַעֲנָ֥ה אָחִ֖יו נִמְלָֽטוּ
(8e mot et ss.): /.../ wayakkuhû ael-hahomaesh /.../: /.../ et ils le frappèrent à le ventre /.../
Idem, et cette fois la confusion ne s’explique même pas, en raison de l’absence d’une partie des mots en question.
2008 < 1996 = 1886.

2 Samuel 7:18, Édition de 1886: «se tint debout devant».
1996: Alors le roi David entra et se tint debout devant l'Éternel, et dit: Qui suis-je, Seigneur Éternel, et quelle est ma maison, que tu m'aies fait parvenir où je suis?
2008: Alors le roi David entra et se tint devant l’Éternel, et dit : Qui suis-je, Seigneur Éternel, et quelle est ma maison, que tu m’aies fait parvenir où je suis?
וַיָּבֹא֙ הַמֶּ֣לֶךְ דָּוִ֔ד וַיֵּ֖שֶׁב לִפְנֵ֣י יְהוָ֑ה וַיֹּ֗אמֶר מִ֣י אָנֹכִ֞י אֲדֹנָ֤י יְהוִה֙ וּמִ֣י בֵיתִ֔י כִּ֥י הֲבִיאֹתַ֖נִי עַד־הֲלֹֽם
(4e mot et ss.): /.../ wayéshaeb lip(e)né YHWH /.../: /.../ et il s’assit devant l’Eternel /.../
(4e mot): וַיֵּשֶׁב (wayéshaeb) < ישׁב (yashab) au yiqtol qal = s’asseoir (aussi: attendre; être assis etc.). 
Rectification: «s’assit devant l’Eternel».
2008 plus ou moins égal 1996 = 1886, non acceptables.

1 Rois 19:3, Édition de 1886: «cela, Élie se leva».
1996: Et, voyant cela, Élie se leva, et s'en alla pour sauver sa vie. Et il s'en vint à Béer-Shéba, qui est de Juda, et laissa là son serviteur.
2008: Et, voyant cela, il se leva, et s’en alla pour sauver sa vie. Et il s’en vint à Béer-Shéba, qui est de Juda, et laissa là son serviteur.
וַיַּ֗רְא וַיָּ֙קָם֙ וַיֵּ֣לֶךְ אֶל־נַפְשׁ֔וֹ וַיָּבֹ֕א בְּאֵ֥ר שֶׁ֖בַע אֲשֶׁ֣ר לִֽיהוּדָ֑ה וַיַּנַּ֥ח אֶֽת־נַעֲר֖וֹ שָֽׁם
(1er mot et ss.): qayar(e)` wayâqAm /.../: Et il vit et il se leva /.../
Le mot «Elie» ne figure pas dans ce verset et il est d’autant moins nécessaire de le substituer au pronom personnel que le contexte suffit à désigner le personnage.
2008 > 1996 = 1886.

Esther 1:22, Édition de 1886: “... afin que chacun fût maître en sa maison, aussi bien que parlant la langue de son peuple.”
1996: Il envoya des lettres par toutes les provinces du roi, à chaque province selon sa manière d'écrire, et à chaque peuple selon sa langue, afin que chacun fût maître en sa maison; et cela fut publié selon la langue de chaque peuple.
2008: Il envoya des lettres par toutes les provinces du roi, à chaque province selon sa manière d’écrire, et à chaque peuple selon sa langue, afin que chacun fût maître en sa maison; et cela fut publié selon la langue de chaque peuple.
וַיִּשְׁלַ֤ח סְפָרִים֙ אֶל־כָּל־מְדִינ֣וֹת הַמֶּ֔לֶךְ אֶל־מְדִינָ֤ה וּמְדִינָה֙ כִּכְתָבָ֔הּ וְאֶל־עַ֥ם וָעָ֖ם כִּלְשׁוֹנ֑וֹ לִהְי֤וֹת כָּל־אִישׁ֙
שֹׂרֵ֣ר בְּבֵית֔וֹ וּמְדַבֵּ֖ר כִּלְשׁ֥וֹן עַמּֽוֹ
(15e mot et ss.): /.../ lih(e)yôt kAl-`îsh sorér bebétô ûm(e)dabér kil(e)sh’on ``ammôn: /.../ pour que soit tout homme dirigeant dans sa maison et (qu’il soit) parlant selon la langue de son peuple.
(17e mot): אִישׁ (‘îsh) = homme (mâle); mari; être humain; quelqu’un, on; chacun. D’après le contexte c’est le 1er et le 2e sens qui s’imposent (puisque la question est celle de l’autorité d’un homme sur sa femme, cf refus de la reine Vasthi d’obtempérer à la demande - du reste possiblement inappropriée - du roi Assuérus), donc certainement pas «chacun» (indéterminé). וּמְדַבֵּר (ûm(e)dabér, 20e mot) < דבר (dabar) au participe piel = parler, dire, mais avec un sens intensif, autrement dit «parler/dire avec autorité, ordonner, commander». Enfin עַמּוֹ (``ammô, 22e mot) < עַם (``am) = peuple, nation est marqué par un pronom suffixe possessif et ne peut donc pas non plus être traduit par «chaque». 
Rectification: «afin que chaque homme dirige sa maison et commande selon la langue de son peuple».
2008 = 1996 différent 1886, non acceptables.

Esther 6:4, Édition de 1886: “dire”.
1996: Et le roi dit: Qui est dans la cour? Or, Haman était venu dans la cour extérieure de la maison du roi, pour demander au roi qu'il fît pendre Mardochée au gibet qu'il lui avait fait préparer.
2008: Et le roi dit : Qui est dans la cour ? Or, Haman était venu dans la cour extérieure de la maison du roi, pour demander au roi qu’il fît pendre Mardochée au gibet qu’il lui avait fait préparer.
וַיֹּ֥אמֶר הַמֶּ֖לֶךְ מִ֣י בֶחָצֵ֑ר וְהָמָ֣ן בָּ֗א לַחֲצַ֤ר בֵּית־הַמֶּ֙לֶךְ֙ הַחִ֣יצוֹנָ֔ה לֵאמֹ֣ר לַמֶּ֔לֶךְ לִתְלוֹת֙ אֶֽת־מָרְדֳּכַ֔י
 עַל־הָעֵ֖ץ אֲשֶׁר־הֵכִ֥ין לֽוֹ
(11e mot): לֵאמֹר (lé`mor) < אמר (`amar) à l’infinitif construit qal = dire, sans aucun autre sens possible dans ce contexte.
2008 = 1996 < 1886.

Job 11:12, Édition de 1886: “Mais l’homme, vide de sens, deviendra intelligent, quand le poulain de l’onagre naîtra homme !”
1996: Mais l'homme vide de sens deviendra intelligent, quand l'ânon sauvage naîtra comme un homme !
2008: Mais l’homme vide de sens deviendra intelligent, quand l’ânon sauvage naîtra comme un homme !
וְאִ֣ישׁ נָ֭בוּב יִלָּבֵ֑ב וְעַ֥יִר פֶּ֝֗רֶא אָדָ֥ם יִוָּלֵֽד
(1er mot et ss.): we`îsh nâbûb yilâbéb we``ayir paerae` `âdâm yiwâlâd: Et un homme creux sera intelligent et un âne, âne sauvage de être humain il est enfanté.
(2e mot): נָבוּב (nâbûb), cf נבב (nabab) = creuser > vide de sens, vain (toute «substance» lui ayant été «ôtée»). (3e mot): יִלָּבֵב (yilâbéb) < לבב (labab) au yiqtol nifal = être intelligent. (4e mot): עַיִר (``ayir) = âne, ânon. (7e mot): יִוָּלָד (yiwâlâd) < ילד (yalad) au yiqtol nifal = être enfanté, né. La conjonction וְ (we) peut également avoir plusieurs sens (dont «mais»).
Nous ne sommes pas d’accord avec la version OSV: dans le discours le yiqtol désigne une action habituelle (ou, ici, une vérité établie), ce qui signifie que les deux verbes doivent être traduits par un présent. Ensuite, la phrase établit une comparaison entre la situation de l’être humain et celle de l’animal dans la question de la capacité réflexive. Or le contexte, transcrit littéralement, est le suivant:
11. Car lui /Dieu/ connaît les gens de tromperie et il voit l'iniquité, et il ne ferait pas attention (?)
12. Et un homme /vide sens/ /est/ intelligent et un ânon, âne sauvage d’être humain il est enfanté.
13. Si toi tu affermis ton coeur et tu étends vers lui /Dieu/ ta paume,
14. Si tu éloignes l'iniquité /de/ ta main et que tu ne fais pas demeurer dans tes tentes la méchanceté,
15. Alors tu lèveras ta face sans tache et tu seras coulé comme du métal, et tu ne craindras pas. Etc.
L’enjeu du chapitre est: Tsophar ne croit pas que le malheur qui s’est abattu sur Job n’a aucun rapport avec la culpabilité (du moins, pas dans le sens où lui l’entend) et il lui impute au contraire une faute secrète qui expliquerait l’état dans lequel il se trouve, d’autant que rien ne peut être caché à Dieu (v. 11). Selon lui, la seule issue pour Job c’est donc de renoncer à son iniquité (v. 13-14), afin d’être justifié. Traduire le v. 12 comme le fait que l’homme ne puisse jamais devenir moins «vide de sens» qu’il ne l’est au départ - et le dire par l’absurde, puisque le petit de l’âne sauvage ne naîtra jamais pareil à l’homme - est donc en contradiction avec le contexte. Au contraire, ce verset affirme que même s’il naît aussi «vide de sens» qu’un petit d’âne sauvage, l’homme garde la capacité de grandir en sagesse - ce qui donne aussi un fondement au reste du discours Tsophar, qui se présente comme un appel à la repentance. 
Rectification: «Mais l'homme, vide de sens, devient intelligent, même s’il naît semblable au petit d’un âne sauvage». La version Martin rend d’ailleurs cette signification: «Mais l'homme vide de sens devient intelligent, quoique l'homme naisse comme un ânon sauvage».
2008 = 1996 différent 1886, non acceptables.

Job 23:12, Édition de 1886: “... plus qu’à ma volonté.”
1996: Je ne me suis point écarté du commandement de ses lèvres, j'ai tenu aux paroles de sa bouche plus qu'à ma provision ordinaire.
2008: Je ne me suis point écarté du commandement de ses lèvres, j’ai tenu aux paroles de sa bouche plus qu’à ma provision ordinaire.
מִצְוַת שְׂפָתָיו וְלֹא אָמִישׁ מֵחֻקִּי צָפַנְתִּי אִמְרֵי־פִֽיו
(5e mot et ss.): /.../ méhuqqî tsâpan(e)tî `im(e)ré-p/i/: /.../ plus que ma prescription j’ai abrité les dires de sa bouche.
(5e mot): מֵחֻקִּי (méhuqqî) < חֹק (hoq) = règle, loi, prescription. (6e mot): צַפַנְתִּי (tsâpan(e)tî) < צפן (tsaphan) au qatal qal = cacher, dissimuler; conserver, préserver; tenir en réserve.
Pas de rapport avec une quelconque «provision», même dans un sens figuré. Le mot «ordinaire» ne figure pas non plus dans le texte. «Préservé» rend encore mieux l’idée de recueillir dans son coeur et de mettre en pratique les paroles de Dieu.
Rectification: «j’ai préservé les paroles de sa bouche plus que ma (propre) loi».
2008 = 1996 différent 1886, non acceptables.

Psaume 23:6, Édition de 1886: “... j’habiterai dans la maison de l’Éternel pour longtemps.”
1996: Oui, les biens et la miséricorde m'accompagneront tous les jours de ma vie, et j'habiterai dans la maison de l'Éternel pour l'éternité.
2008: Oui, les biens et la miséricorde m’accompagneront tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la maison de l’Éternel pour l’éternité.
אַ֤ךְ ׀ ט֤וֹב וָחֶ֣סֶד יִ֭רְדְּפוּנִי כָּל־יְמֵ֣י חַיָּ֑י וְשַׁבְתִּ֥י בְּבֵית־יְ֝הוָ֗ה לְאֹ֣רֶךְ יָמִֽים
(8e mot et ss.): weshab(e)tî bebét-YHWH le`oraek yâmîm: et je reviendrai dans la maison de l’Eternel à longueur de jours.
(8e mot): וְשַׁבְתִּי (weshab(e)tî) < שׁוב (shawab) au qal qatal = retourner, s’en retourner, revenir. (11e mot): לְאֹרֶךּ (le`oraek) < אֹרֶךּ (`oraek) = longueur. (12e mot): יָמִים (yâmîm) < יוֹם (yôm) = jour, journée, époque.
Le non-respect des mots produit un changement de sens: on passe de l’expression d’une dévotion qui pousse David à chercher la présence de Dieu au quotidien durant la vie présente, à l’installation dans un état qui réfère à la vie d’après la résurrection.
Rectification: «et je reviendrai dans la maison de l’Eternel à longueur de jours».
2008 = 1996 différent 1886, non acceptables.

Proverbes 8:22, Édition de 1886: “créée”.
1996: L'Éternel m'a possédée dès le commencement de ses voies, avant qu'il fît aucune de ses œuvres.
2008: L’Éternel m’a possédée dès le commencement de ses voies, avant qu’il fît aucune de ses oeuvres.
 יְֽהוָ֗ה קָ֭נָנִי רֵאשִׁ֣ית דַּרְכּ֑וֹ קֶ֖דֶם מִפְעָלָ֣יו מֵאָֽז
(2e mot): קָנָנִי (qânânî) < קנה (qanah) au qatal qal = acheter; posséder; acquérir; créer.
Etant donné que c’est de la sagesse dont il est question (v. 12: הֽ ָכְמָה / hAk(e)mâh), le sens «posséder» convient le mieux, puisque c’est en Dieu qu’elle se trouve naturellement.
2008 = 1996 > 1886.

Proverbes 30:3, Édition de 1886: «je ne connais pas la science des saints».
1996: Je n'ai pas appris la sagesse; et je ne connais pas la science des saints.
2008: Je n’ai pas appris la sagesse; et je n’ai pas la connaissance de ce qui est saint.
וְלֹֽא־לָמַ֥דְתִּי חָכְמָ֑ה וְדַ֖עַת קְדֹשִׁ֣ים אֵדָֽע
(4e mot et ss.): weda``at qedoshîm `édâ`` = et (ne pas) la connaissance de les saints je connais. La version 1996 restitue mieux le sens spécifique du verbe.
(5e mot): קְדֹשִׁים (qedoshîm) < קָדֹשׁ, קָדוֹשׁ (qâdô/osh) = saint (adjectif et substantif); êtres célestes (au pluriel); hommes ou lieux. Ici il s’agit d’un substantif puisqu’il est à l’état construit (complément du nom); le pluriel n’a pas été respecté. 
Rectification: «et je n’ai pas la connaissance des saints» (évite la répétition «connais»/»connaissance»).
2008 différent 1996 = 1886.

Ésaïe 7:15, Édition de 1886: «jusqu’à qu’il sache».
1996: Il mangera de la crème et du miel, jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien.
2008: Il mangera de la crème et du miel, pour qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien.
חֶמְאָ֥ה וּדְבַ֖שׁ יֹאכֵ֑ל לְדַעְתּ֛וֹ מָא֥וֹס בָּרָ֖ע וּבָח֥וֹר בַּטּֽוֹב
(4e mot): לְדַעְתּ֛וֹ (leda``(e)tiwo) < ידצ (yada) à l’infinitif qal = connaître > se rendre compte (absolu); faire attention; faire l’expérience de; comprendre; reconnaître; savoir + préfixe לְ (le) = «jusqu’à» + suffixe וֹ (wo) = se (avec verbe = sens réfléchi) = «jusqu’à ce qu’il sache (pour lui-même)». La confusion vient sans doute de ce que ce préfixe devant un infinitif indiquant le but d’une action, il a été traduit par «pour» de manière automatique, alors que ce n’était pas nécessaire (le sens temporel du préfixe comportant aussi cette finalité). Du reste le contexte, tant du verset en question (la version avec «pour» ne fait aucun sens), que plus large, permet aisément de déterminer son sens: le Messie annoncé naîtra d’une vierge (v. 14) et sera un enfant (= «manger de la crème et du miel») avant de parvenir à la stature d’homme en mesure de «rejeter le mal et choisir le bien», ce que confirme le verset suivant (v. 16: /Mais/ avant que /l’enfant/ sache rejeter le mal et choisir le bien /.../).
2008 < 1996 = 1886.

Ésaïe 30:6, Édition de 1886: «Les bêtes de somme sont chargées pour aller au midi, dans la terre».
1996: Les bêtes de somme sont chargées pour aller au midi, dans la terre de détresse et d'angoisse /.../
2008: L’oracle touchant les bêtes du midi : par une terre de détresse et d’angoisse, /.../ ils portent leurs richesses /.../ vers un peuple /.../
מַשָּׂ֖א בַּהֲמ֣וֹת נֶ֑גֶב בְּאֶרֶץ֩ צָרָ֨ה וְצוּקָ֜ה לָבִ֧יא וָלַ֣יִשׁ מֵהֶ֗ם אֶפְעֶה֙ וְשָׂרָ֣ף מְעוֹפֵ֔ף יִשְׂאוּ֩ עַל־כֶּ֨תֶף עֲיָרִ֜ים
חֵֽילֵהֶ֗ם וְעַל־דַּבֶּ֤שֶׁת גְּמַלִּים֙ אֽוֹצְרֹתָ֔ם עַל־עַ֖ם לֹ֥א יוֹעִֽילוּ
(1er mot et ss.): massâ` bah(a)môt négaeb be`aeraets ``âr/â/ wetsûq/â/ lâbî` wâlayish méhaem `aep(e)``/ae/ wesârâp me``ôpép yis(e)`û /.../ héléhaem /.../ ``al-``am /.../: Sentence sur les bêtes de le Néguev dans une terre de angoisse et détresse, (de la) lionne et (du) lion d’entre eux, (de la) vipère et (du) dragon volant, ils portent /.../ leurs richesses /.../ vers un peuple /.../
Pas d’article à «oracle». בְּאֶרֶץ (be`aeraets) /.../ מֵהֶם (méhaem) = dans une terre /.../ d’entre eux (mis pour «angoisse et détresse, lionne et lion, vipère et dragon volant»).
Rectification: Oracle (sur) les bêtes du midi/Néguev: d’(entre) une terre de détresse et d’angoisse /.../. La version 2008 ne change cependant pas fondamentalement le sens du texte.
2008 > 1996 = 1886.

Jérémie 29:11, Édition de 1886: «un avenir et une espérance».
1996: Car je sais les pensées que je forme pour vous, dit l'Éternel, pensées de paix et non d'adversité, pour vous donner un avenir et une espérance.
2008: Car je sais les pensées que je forme pour vous, dit l’Éternel, pensées de paix et non d’adversité, pour vous donner un avenir espéré.
כִּי אָנֹכִי יָדַעְתִּי אֶת־הַמַּחֲשָׁבֹת אֲשֶׁר אָנֹכִי חֹשֵׁב עֲלֵיכֶם נְאֻם־יְהוָה מַחְשְׁבוֹת שָׁלוֹם וְלֹא לְרָעָה לָתֵת
לָכֶם אַחֲרִית וְתִקְוָֽה
(Dernier mot): וְתִקְוָה (wetiq(e)w/â/) < תִּקְוָה + וְ = et + une espérance.
2008 < 1996 = 1886. 

Daniel 3:25, Édition de 1886: «semblable à un fils des dieux».
1996: Il reprit et dit: Voici, je vois quatre hommes sans liens, qui marchent au milieu du feu, sans éprouver de dommage; et l'aspect du quatrième est semblable à un fils des dieux.
2008:  Il reprit et dit : Voici, je vois quatre hommes sans liens, qui marchent au milieu du feu, sans éprouver de dommage; et l’aspect du quatrième est semblable à un fils de Dieu.
 עָנֵה וְאָמַר הָֽא־אֲנָה חָזֵה גֻּבְרִין אַרְבְּעָה שְׁרַיִן מַהְלְכִין בְּגֽוֹא־נוּרָא וַחֲבָל לָא־אִיתַי בְּהוֹן וְרֵוֵהּ דִּי
רביעיא דָּמֵה לְבַר־אֱלָהִֽין
(2 derniers mots): לְבַר־אֱלָהִֽין (lebar-`(ae)lAhîn) < אֱלָהּ (`aelâh) = Dieu, dieux. S’il est vrai que l’équivalent hébreu de ce mot (אֱלֹהִם / `aelohim) est un «pluralia tantum» (forme plurielle, sens pouvant être singulier), tel ne semble pas être le cas en araméen (qui a une forme vraiment spécifique pour chaque cas). Ce qui est ici un pluriel n’a donc pas été respecté et c’est d’autant plus problématique qu’on ne peut pas se permettre de confondre «un fils des dieux» avec «un fils de Dieu» (qui pourrait alors être compris comme une référence prophétique à Jésus-Christ). De plus le contexte est très clair: c’est Nebucadnetsar, un roi païen, qui parle et qui désigne un ange.
2008 < 1996 = 1886.


Au terme de cette première analyse nous sommes surpris de constater que l’édition 2008 est généralement moins bonne pour l’Ancien Testament que les éditions antérieures, parfois également insuffisantes (15 occurrences sur 23). Les fautes recensées sont difficilement explicables et souvent en dehors de la marge liée à l’interprétation. Il y a aussi la question des modifications non listées (cf la préface de cette édition). Si la démarche de l’éditeur pour redonner un accès à la version Ostervald est donc louable, celle du travail éditorial en lui-même pose problème. 
Faut-il cependant rappeler que, quelle que soit la situation actuelle, cela ne constitue pas une raison valable pour abandonner la lecture de la Bible - mais bien au contraire, à s’y consacrer davantage.