Livres

sur des sujets (très) complémentaires

L’Esprit de Vérité, Art Katz et Paul Volk

http://www.theocraticfaith.com/wp-content/plugins/downloads-manager/upload/SpiritOfTruth.pdf

Ce livre a fait l’objet d’une traduction par les Editions Emmaüs. La traduction de la Préface et de l’Introduction ci-dessous ont été effectuées par nous. Quelques messages d’Art Katz traduits en français peuvent également être trouvés à la page:

http://artkatzministries.org/category/foreign-translations/frenchfrancais/french-articles/



Table des matières

Préface - L'esprit de vérité; Introduction - L'esprit de vérité; Chapitre 1 - Marcher dans la vérité; Chapitre 2 - La vérité qui transforme; Chapitre 3 - Créés pour vivre dans la vérité; Chapitre 4 - L'Esprit Saint et la vérité; Chapitre 5 - La vérité dans le caractère et la conduite; Chapitre 6 - La vérité absolue et l'esprit du mensonge; Chapitre 7 - La vérité: un esprit dépourvu de ruse; Chapitre 8 - L'humilité: le chemin de la vérité.



Préface - L'Esprit de Vérité

"la maison de Dieu, qui est l'Eglise du Dieu vivant, le pilier et le fondement de la vérité" (1 Tm 3, 15)


Je soupçonne que dans votre expérience, comme dans la mienne, les références à cette description fondamentale de l'Eglise ont été rares. L'omission peut être significative, car la triste vérité est que, de toutes les institutions de la terre, l'Eglise est la plus guindée et inauthentique, la plus prévisible et planifiée.


Comment est-il possible qu'une chose dont l'origine est céleste et qui a été payée à un si grand prix soit devenue, dans notre génération, une banalité culturelle? (1) N'est-ce pas que nous avons failli à accorder du prix et à sauvegarder jalousement la vérité elle-même, à faire preuve d’une diligence quotidienne, moment après moment - que la vérité exige par nature? N'avons-nous pas réalisé que la finalité de la vérité est tellement plus qu'une simple observance extérieure des formes - que seule l'intensité d'un amoureux de la vérité pourrait y suffire?


Comme il convient, l'essai que vous êtes sur le point de lire a son origine dans une Eglise où j'ai été conduit un dimanche matin, libre de tout engagement, pour jouir du luxe d'écouter un autre prédicateur. Je vins plein d’impatience (1), de joie et d'anticipation, soutenu par les louanges appuyées envers le prédicateur de la Parole, de la part du frère qui m'accompagnait.


J'étais assis au balcon d'une Eglise bondée, attentif et en attente, mais assez perturbé par les groupes contrastés autour de moi. D'un côté, l'assemblée se composait de groupes d'adolescents complètement étourdis. De l'autre, j'étais frappé par l'air de religieuse rigidité et d'absence de joie chez les adultes. Je fis un effort pour étrangler mon amère subjectivité, ne voulant d'aucune façon lui permettre d'empiéter sur la parole prêchée qui commençait à s’exprimer. Comme le message se déployait, je pouvais facilement comprendre l'enthousiasme que mon compagnon avait envers le prédicateur. Les mots étaient clairs, précis et corrects. Quel était, par conséquent, cet étrange malaise s'élevant dans mon âme, qui s'intensifiait avec chaque mot, jusqu'à ce que finalement mes entrailles soient nouées par une inexplicable angoisse?


A la fin je réalisai en quoi consistait mon dilemne: mon esprit approuvait la rectitude biblique et doctrinale de la parole prêchée, mais mon âme faisait marche arrière devant l'esprit qui s'exprimait, qui contredisait chaque syllabe ! Nous étions d'un côté enjoints à un engagement et à un sacrifice radicals, tandis que de l'autre le message était: "Inutile de paniquer; tu n'as pas besoin de prendre ça sérieusement - rappelle-toi, ce n'est qu'un sermon. Je vais fournir un message biblique chaque semaine, et tu vas pourvoir à ma sécurité personnelle et à mon bien-être. Je ne vais pas te pousser, et tu ne vas pas me pousser, et nous nous entendrons à merveille".


A ce moment, la prise de conscience se fit en moi (n'aurait-elle pas dû se produire beaucoup plus tôt?): la vérité, c'est toute la vérité et rien d'autre que la vérité - ou ce n'est pas la vérité (2). L'esprit de celui qui parle - le tempérament et le cran de la personne - doit être en complet accord avec ses mots - ou il s'agit d'un mensonge. Les mots renversants de la veuve de Sarepta au prophète Elie me transpercent encore:

"Maintenant par cela je sais que tu es un homme de Dieu, et que la parole du Seigneur qui est dans ta bouche est la vérité" (1 R 17, 24 KJV)


Ainsi débutèrent les réflexions, données comme une série de messages, que vous êtes sur le point de lire. Mon collègue dans cet entreprise est Paul Volk, comme moi un croyant, que sans cela vous auriez une faible probabilité de connaître. Nos âmes ont été reliées durant les années passées ensemble ici, dans notre communauté au nord du Minnesota, où nous avons lutté avec les questions de la foi. Nous sommes des Juifs ayant un penchant intellectuel et académique, qui cherchent à dégager la foi de ses pièges culturels et traditionnels, afin de pouvoir la contempler et la proclamer dans toute sa pureté. Il y a peu d'hommes qui connaissent aussi bien mon coeur, et qui sont capables de l'interpréter et de l'exprimer avec un mordant et une clarté inhabituels. Comme sa femme Adrienne l'a souvent exprimé: "On ne peut pas dire où l'un finit et où l'autre commence".


Et bien, je peux dire - car je reste souvent dans l’admiration, voire dans l’envie, devant la tournure d'esprit que Paul manifeste, qui transforme un aperçu en aphorisme si lapidaire et pénétrant - que ce livre entier s'en trouve justifié. En lisant ce manuscrit j'éprouve l'étrange sentiment d’être devant quelque chose qui est à moi, et cependant non à moi - intimement familier, et cependant nouveau. La synthèse de deux pensées et de deux coeurs et de deux esprits, qui en font quelque chose de qualitativement autre et d'infiniment meilleur; c'est même un avant-goût, si vous voulez, des gloires de la véritable fraternité qui attend l'unification du Corps de Christ en cette dernière heure. Vous en serez juges. Comme je l'ai souvent dit, la théologie est trop précieuse et étendue pour les travaux d'un seul; elle nécessite la pluralité de l'effort et de la sagacité pour produire son éclat biseauté. Puisse ce livre être un aperçu de cela, quoique modeste.


Finalement, puisse notre effort attiser de nouveau l'amour de la vérité qui, en cet âge de tromperie sombre et mouvementé, est la seule qui sauve de la perdition. L'esprit cynique de Ponce Pilate qui présuppose que la vérité ne peut être connue, ou l'esprit de notre âge relativiste qui dit que la vérité n'existe même pas, se répand de plus en plus. C'est une posture et une présomption à la mode, qui elle-même est un mensonge, qui va affronter la vérité même jusqu'à la mort. L'amour de la vérité, qui est son seul antidote, va être coûteux en cette heure. Puisse le Seigneur, qui Lui-même est la Vérité, souffler sur ces pages pour inspirer le courage de désirer et de chercher la vérité, d'en témoigner et de lui obéir, de souffrir pour elle comme inévitablement on le doit, de sorte qu'à la fin il puisse y avoir une Eglise dans ce monde déviant qui soit le fondement et le pilier de la Vérité. Puissions-nous être gardés de cette attente de la manifestation du pouvoir de Dieu qui ignore, comme Jesse Penn-Lewis nous le rappelle, que l'Esprit de Dieu, avant qu'Il puisse être connu ou expérimenté comme le pouvoir de l'amour, est premièrement et principalement l'Esprit de Vérité.


Arthur Katz

Laporte, Minnesota



Introduction - L'Esprit de Vérité


"Qu'est-ce que la Vérité?": Ponce Pilate n'a jamais posé question plus importante. Et bien que l'homme auquel il l'a posée ne prononça pas un mot en retour, personne ne reçut jamais de réponse plus complète et plus claire. Pourquoi Jésus a-t-Il gardé le silence? Et quand la même question est posée par les hommes aujourd'hui, pourquoi sommes-nous si gênés de répondre? On pourrait penser que nous avons à notre disposition bien plus de vérités et de doctrines justes que Jésus n'en avait. Nous aurions pu donner à Pilate une affirmation très impressionnante - tout à fait scripturaire et correcte. Pourquoi Jésus n'a-t-Il pas fait la même chose? En d'autres temps et dans d'autres circonstances Il était incroyablement clair. Il pouvait raisonner avec les esprits religieux les meilleurs en Israel et les affronter.


Cependant devant Pilate, Jésus, le maître du face-à-face, le disputeur suprême en matière d'Ecritures, resta muet. Son silence n'était pas dû à un manque de vérités. Il possédait les vérités en abondance. Il était silencieux, non parce qu'Il manquait de vérités, mais parce qu'Il était plein de la vérité, parce qu'Il était la vérité - et à ce moment prononcer la moindre parole aurait été obscurcir la vérité vivante qu'Il était. Si Pilate ne pouvait voir la vérité devant lui, dans une lumière et une clarté élevées par le silence dans lequel Il se tenait, alors rien de ce qu'il aurait pu entendre n'aurait pu le sauver. Et ceci nous pousse à nous demander si par hasard la raison pour laquelle nous ne pouvons si souvent demeurer dans le silence réside dans le fait que nous avons peur que cela ne rendrait que plus apparente l'absence, plutôt que la présence, de la vérité en nous-mêmes.


Jésus n'a pas parlé à Pilate, mais Il nous a parlé à nous. Il a même répondu pour nous à la question que Pilate a posée, mais sa réponse était aussi mystérieuse et aussi contraire à nos attentes que son silence l'était pour Pilate. "Je suis la Vérité...", dit-Il, impliquant que la vérité est plus qu'une somme de réponses justes. Elle n'est pas du tout quelque chose à avoir mais quelque chose, premièrement et par-dessus tout, à être. La vérité est un esprit, une vie; et c'est esprit, cette vie sont la voie, l'unique voie jusqu'au Père. "Je suis... la vérité et... nul ne vient au Père que par moi" (Jn 14, 6 RSV).


Soudain la lumière se fait en nous que ce n'est pas en possédant des vérités mais en devenant vrais que nous sommes sauvés. Le désir de Dieu n'est pas seulement de nous informer mais de nous transfigurer, pas de nous remplir avec des vérités mais de nous rendre vrais. L'Esprit Saint, le Consolateur, l'Esprit de Christ, l'Esprit d'adoption qui répand l'amour de Dieu profondément dans nos coeurs est l'Esprit de Vérité.


Jésus nous laisse sur un fondement nouveau et non familier. Nous savons ce que cela signifie pour un énoncé ou une doctrine d'être justes, mais qu'est-ce que cela signifie quand un homme déclare: "Je suis la vérité"? Nous savons ce que cela signifie d'avoir la vérité mais nous titubons à l'idée d'être vrais. Nous nous sentons bien plus à la maison avec la religion qui est occupée par le fait d'avoir et de faire. Nous savons comment nous débrouiller pour acquérir toujours plus de vérités. Mais la religion de Dieu est animée avant tout par un désir d'être, pas seulement de faire ou d'acquérir. Nous cherchons à posséder la vérité; Dieu cherche à nous rendre vrais. La différence est vaste et les types d'hommes produits par chaque quête sont extrêmement différents et ils auront aussi un différent effet.


Croire qu'avoir c'est être, que devenir vrai consiste simplement dans le fait d'acquérir une quantité suffisante de vérité, est une tromperie. Ce qu'une telle tromperie produit, si on lui laisse libre-cours, est le tragique et ironique spectacle d'hommes impeccables dans leurs doctrines (c'est ce qu'ils pensent), et qui cependant mènent des vies qui sont essentiellement une performance et une imitation, ce qui revient à dire, fausses. Si une veuve pouvait dire à Elie: "la Parole du Seigneur dans ta bouche est la vérité" (1 R 17, 24 NAS), alors cela implique que la Parole de Dieu dans la bouche de quelqu'un d'autre peut être fausse. La bouche, la voix ne sont pas séparables de la parole qui en sort. La voix et la parole constituent un continuum ininterrompu. Jésus prononce la parole de Dieu parce qu'Il est la Parole de Dieu. Il dit la vérité parce qu'Il est vrai. Les vérités sont importantes mais elles sont comme mortes, et mortifères, comme la loi gravée sur la pierre sans l'Esprit de Vérité en nous pour les animer. Si la Loi seule, quoique correctement citée et suivie, pourrait nous rendre justes, comment les seules vérités, quoique professées avec orthodoxie, pourraient-elles jamais nous rendre vrais? Comme Christ est la fin et l'accomplissement de la loi de Dieu, Il est aussi la fin et l'accomplissement des vérités de Dieu. Le même Dieu qui pouvait faire d'un pharisien comme Paul une épître vivante de sa grâce par l'Esprit de la grâce, peut aussi faire de son Eglise une démonstration vivante de la vérité par l'Esprit de Vérité.


Ce petit livre est conçu pour être quelque chose de différent d'une exposition de vérités bibliques. Espérons qu'il s'avérera être plus que juste un autre livre sur la vérité. Il a son origine dans une série de messages donnés pendant plusieurs jours lors d'un rassemblement de croyants, des messages qui étaient pensés comme devant révéler, et espérons même démontrer, l'authentique Esprit de Vérité, qui est l'essence de toutes les vérités. Il est souvent difficile de capturer par écrit les vérités une fois qu'elles ont été dites. Ce livre est pensé pour être vrai, en parole et en esprit. Il est pensé pour restaurer l'unité entre la parole et la vie de la vérité, sans laquelle la vérité est froide et morte. S'il informe seulement ses lecteurs, il aura été un échec. Si Dieu peut l'utiliser à un certain degré pour les transformer, il aura été un succès.


Cependant, un dernier mot d'avertissement peut être nécessaire. Les pages qui suivent proclament de manière conséquente que la vérité est un esprit, ce qui revient à dire, quelque chose de plus que des mots. La vérité est vraiment plus que ce qu'on en dit; elle devrait être ce que nous sommes. Mais tandis que la vérité est plus que des mots, elle n'est pas moins que des mots. Nous vivons en un âge qui méprise et dénigre de plus en plus la vérité objective. Même à l'intérieur de l'Eglise il devient embarrassant d'affirmer les doctrines de la foi, comme si toute affirmation était nécessairement discutable, et qui veut être taxé de diviseur dans notre âge de plus en plus oecuménique? Certains semblent penser qu'en mettant le mot "simple" devant "doctrine", le sujet a été suffisamment traité. Mais il n'y a pas de "simples" doctrines. Les vérités de la foi valent et continueront à valoir la peine qu'on vive et qu'on meure pour elles.


Ce serait une erreur de faire une emphase sur ce livre au sujet de la vérité en tant qu'esprit comme si elle était opposée à la vérité en tant que parole. L'Esprit de Vérité doit être proclamé non parce que la parole de la vérité n'est pas importante, mais précisément parce qu'elle est si importante. Les vérités proclamées avec raideur, sans une vie qui est vraie, desservent la vérité. Mais d'une façon similaire, le fait d'élever ce qui est "authentique" ou "réel" ou "vrai" d'une manière qui diminue la place et la valeur des vérités une fois données à l'Eglise fait un tord équivalent à la vérité. Ce livre est un cri pour la vérité entière. Il serait tragique et ironique si l'Esprit de vérité devenait finalement une bannière de plus, si était mise en avant une version partielle, et par conséquent fausse, de la vérité.

Paul Volk

St. Paul, Minnesota



  1. (1)Nous espérons ne pas mal rendre les expressions idiomatiques "so melancholy a culture" et "tripping like a doe». La

traduction s’applique également aux citations bibliques.

  1. (2)En couleur: souligné par l’auteur.